Pierre Meunier

LETTRE D’OPINION

Pour diffusion immédiate

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L’aide gouvernementale à l’exportation agroalimentaire doit s’arrimer aux réalités de l’industrie

 – Pierre Meunier, Conseiller sénior à l’exportation chez Agro Québec

 

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Montréal, QC, le 16 juillet 2019 — Lors de notre visite au Fancy Food Show de New York en juin dernier, nous avons pu être témoins encore une fois du dynamisme qui anime le secteur agroalimentaire du Québec. Une vingtaine d’entreprises étaient présentes comme exposantes, dont une quinzaine regroupées dans le pavillon du Canada.

 

Cette forte représentation québécoise illustre à quel point les entreprises agroalimentaires du Québec ont le vent dans les voiles. De $6,1 milliards en 2012, les exportations de ce secteur sont passées à $8,7 milliards en 2017. Il s’agit d’une augmentation de 43 % en seulement 5 ans.

 

Dans sa politique bioalimentaire 2018-2025, le gouvernement du Québec s’est donné comme objectif d’accroître les ventes à l’exportation à 14 milliards d’ici 2025. Voulant soutenir l’industrie dans l’atteinte de cet objectif, le gouvernement du Québec a annoncé, en août dernier, une aide de 10,5 millions sur 3 ans (3,5 millions/année), dont 6 millions (2 millions/année) consacrés au soutien des initiatives individuelles des entreprises. Cette aide a pris la forme d’un programme d’aide aux exportateurs nommé le SEB (Soutien aux exportateurs bioalimentaires).

 

Victime de la vigueur et de l’enthousiasme des exportateurs, le programme a dû être suspendu en avril dernier, car les fonds prévus étaient déjà épuisés. Devant cette situation, les entreprises agroalimentaires ont dû se tourner vers le PEX (Programme Exportation) du Ministère de l’Économie et de l’Innovation pour trouver de l’aide financière pour leurs projets d’exportation. Ce programme multisectoriel est moins généreux et moins bien adapté pour le secteur agroalimentaire. De plus, il a lui aussi été suspendu par manque de fonds il y a quelques semaines. Le MEI prévoit accepter de nouvelles demandes à partir du mois de septembre. Les producteurs et transformateurs agroalimentaires du Québec sont actuellement dans l’impossibilité d’obtenir de l’aide du gouvernement du Québec pour leurs projets d’exportations.

 

Le manque de fonds est devenu chronique. Chaque année, la situation se répète. Le gouvernement du Québec propose des programmes d’aide sous la forme de subventions qui viennent payer de 30 % à 50 % de certaines dépenses qui sont reliées aux activités d’exportation. Presque chaque année depuis plus de 10 ans, l’enveloppe de fonds prévue se vide en quelques mois et même certaines années, en quelques jours. De toute évidence, ces programmes ne répondent pas aux besoins.

 

Des solutions créatives et adaptées

Toutefois, il ne faut pas abolir les programmes existants. Il faut les améliorer. Il faudrait peut-être aussi les rendre plus flexibles. Par exemple en offrant la possibilité de faire plusieurs demandes au cours de la même année ou d’apporter plus facilement des changements à une demande déjà déposée. Les entreprises ont tendance à « gonfler » leur demande d’aide sachant qu’ils ne pourront y faire d’ajouts. Ce qui a pour effet de vider virtuellement l’enveloppe de fonds, alors que l’argent demandé ne sera peut-être pas utilisé par le demandeur.

 

Pour répondre aux besoins de nos exportateurs agroalimentaires, il faut aussi bonifier l’offre actuelle par l’ajout de formes d’aides plus créatives, audacieuses et plus souples. Il faut impliquer d’autres institutions comme Investissement Québec et la Financière agricole du Québec. Il faudrait peut-être aussi offrir de l’aide qui prend une autre forme que les subventions. Par exemple, un prêt sans intérêt sur 5 ans associé à un congé de paiement pour une période de 6 à 18 mois pourrait être une façon différente d’appuyer l’industrie agroalimentaire. Peu importe la taille de l’entreprise, conquérir un nouveau marché nécessite un investissement de départ significatif. Entre le moment où une entreprise effectue les premières démarches à l’exportation sur un marché et le jour où elle reçoit sa première commande, il peut s’écouler facilement un an. Au cours de cette période, l’entreprise doit investir considérablement, ce qui peut venir affecter son fonds de roulement à court terme. De plus, les programmes actuels ont aussi un impact sur le fonds de roulement puisque l’entreprise doit tout de même investir 50 % des dépenses reliées au développement de marché.

 

La croissance des exportations est autant une priorité pour le gouvernement que pour les acteurs du secteur agroalimentaire. Partageant les mêmes objectifs, il faut trouver le moyen d’arrimer l’aide offerte avec les besoins de l’industrie. Nous possédons les leviers économiques, l’expertise et la passion pour que notre industrie agroalimentaire rayonne encore plus aux quatre coins de la planète.

 

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Pierre Meunier

 

Pierre Meunier, Conseiller sénior à l’exportation, Agro Québec
pmeunier@agroquebec.com
https://agroquebec.quebec/import-export-agroalimentaire/

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